L'essentiel
- Noter cinq souvenirs précis, avec un lieu et une date, avant d'écrire la première phrase.
- Choisir un seul ton et s'y tenir : sobre, porté par les souvenirs, ou avec une touche d'humour.
- Imprimer le texte en gros caractères et en confier une copie à une autre personne.
- Remplacer chaque crochet par une information exacte, vérifiée auprès de quelqu'un qui la connaît.
- Supprimer sans scrupule les passages qui ne ressemblent pas à la personne.
- Garder une seule anecdote développée plutôt que quatre résumées en une ligne.
- Lire le texte à voix haute : ce qui se dit mal à l'oral se coupe.
Un éloge se construit avec des détails vrais : une habitude, une phrase répétée, un trajet connu de tous. Les formules générales s'effacent, les détails tiennent.
Les modèles qui suivent sont des ossatures de phrases, à compléter. Les crochets marquent les endroits où un prénom, un lieu ou une date viennent remplacer le texte neutre.
Comment les utiliser :
Le même soin s'applique aux autres éléments du jour : voyez le contenu d'un livret de cérémonie d'obsèques si un texte imprimé accompagne la prise de parole.
Étape par étape
Un éloge sobre
Ce ton convient quand la retenue correspond à la personne, ou quand lire longtemps semble difficile.
[Prénom] est née le [date] à [lieu]. Elle a passé la plus grande partie de sa vie à [un lieu], où elle a exercé le métier de [son métier] pendant [nombre] ans.
Elle aimait [une activité] et [une autre activité]. Elle parlait peu d'elle-même. Ce qu'elle faisait disait l'essentiel : elle arrivait à l'heure, elle tenait ce qu'elle avait promis, elle rendait service sans jamais le raconter ensuite.
Avec [un prénom ou un groupe], elle a construit [ce qu'elle a bâti : une maison, un atelier, une amitié de quarante ans]. Les années [décennie] n'ont pas toujours été simples. Elle les a traversées avec la même constance.
Il y a eu aussi [un moment marquant de sa vie]. Elle y revenait rarement, et toujours avec les mêmes mots.
Beaucoup d'entre nous lui doivent quelque chose de précis : [un conseil, un coup de main, une habitude transmise]. C'est peu de chose à dire à voix haute, et c'est beaucoup à garder.
Merci à toutes celles et à tous ceux qui sont venus aujourd'hui. [Prénom], merci pour ces années-là.
Un éloge raconté par les souvenirs
Ici, trois scènes concrètes remplacent les qualificatifs. L'assemblée reconnaît la personne sans qu'il soit nécessaire de la décrire.
Il y a une image de [Prénom] que beaucoup ont en tête : lui, à [un lieu], en train de [une activité], avec [un détail : son chapeau, sa vieille radio, son carnet à spirale].
Il n'était jamais pressé. Quand quelqu'un arrivait chez lui, il posait ce qu'il tenait, il servait un verre, et la conversation durait deux heures de plus que prévu.
Il a travaillé comme [son métier] à [un lieu]. Il racontait souvent [une anecdote de travail], toujours dans le même ordre, et personne ne l'a jamais interrompu.
Il y avait aussi [un rituel : les dimanches à, les parties de cartes, les trajets du mois d'août]. Ceux qui l'ont partagé savent exactement de quoi il s'agit.
Il répétait volontiers : « [une phrase qu'il répétait] ». C'était sa manière de clore un débat.
Ce qu'il laisse ne tient pas dans des papiers. C'est [un geste, une recette, une façon de réparer les choses] que plusieurs d'entre nous continuent sans y penser.
[Prénom], merci.