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Poème pour un enterrement :cinq textes à lire pendant la cérémonie

Conseils5 min de lecture

Un poème pour un enterrement est un texte court, lu à voix haute devant l’assemblée, qui dit en quelques vers ce qu’il est difficile de formuler. Voici cinq textes libres de droits, et le moment où les lire.

Illustration : Poème pour un enterrement : cinq textes à lire pendant la cérémonie

L'essentiel

  • Choisir un texte qui se lit en deux à trois minutes, pour qu’il tienne dans le déroulé.
  • Désigner aujourd’hui la personne qui lira, et lui remettre le texte imprimé en gros caractères.
  • Relire le poème une fois à voix haute, debout, pour repérer où respirer.

Le bon poème n’est pas le plus beau, c’est celui qui ressemble à la personne disparue. Partir de ce qu’elle lisait, d’une phrase qu’elle répétait, d’un paysage ou d’une saison qui lui allaient. Vingt à trente vers suffisent : au-delà, l’attention de l’assemblée se disperse. Les cinq textes qui suivent appartiennent au domaine public. Certaines familles en retiennent un seul, d’autres en placent deux à deux moments différents.

Étape par étape

  1. « L’Isolement », Alphonse de Lamartine

    Ce poème ouvre les Méditations poétiques, publiées en 1820. Premier vers : « Souvent sur la montagne, à l’ombre du vieux chêne, ».

    Le texte entier est long : les quatre ou cinq premières strophes suffisent, soit environ deux minutes. Il convient à l’entrée, ou au tout début du recueillement, pendant que l’assemblée s’installe. À la lecture, marquer un temps à chaque fin de strophe et garder un débit lent. Les alexandrins portent d’eux-mêmes et n’ont pas besoin d’être appuyés.

  2. « Demain, dès l’aube… », Victor Hugo

    Tiré des Contemplations (1856), ce texte de trois quatrains se lit en une minute environ. Premier vers : « Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, ».

    Il trouve sa place au moment du recueillement, ou juste avant le dernier adieu. C’est un poème de marche et de silence : une voix douce lui va mieux qu’une voix forte. La dernière strophe se suffit, elle ne demande aucun effet. La personne qui lit peut rester près du cercueil plutôt que derrière un pupitre.

  3. « Les Roses de Saadi », Marceline Desbordes-Valmore

    Publié dans les Poésies inédites (1860), ce texte de trois tercets se lit en moins d’une minute. Premier vers : « J’ai voulu ce matin te rapporter des roses ; ».

    Il parle de fleurs emportées par le vent, une image concrète et douce. Il accompagne bien le dépôt des fleurs, ou l’instant où l’assemblée défile devant le cercueil. Très court, il demande une lecture lente, en détachant chaque tercet. Lu trop vite, il passe avant que l’assemblée l’ait entendu.

  4. « Le Pont Mirabeau », Guillaume Apollinaire

    Publié dans Alcools (1913). Premier vers : « Sous le pont Mirabeau coule la Seine ». Le refrain revient quatre fois et la lecture dure environ une minute et demie.

    Ce texte convient pendant les images, ou au moment de la sortie, son rythme régulier accompagnant les pas. Il peut précéder ou suivre la musique choisie pour la sortie. Le poème n’a pas de ponctuation : marquer une pause à la fin de chaque vers, et reprendre le refrain sur le même ton.

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Suite : Étape par étape

  1. « La mort n’est rien », Henry Scott Holland

    Ce texte vient d’un sermon prononcé en 1910 à la cathédrale Saint-Paul de Londres par Henry Scott Holland. Il est souvent attribué à tort à saint Augustin : dans un livret, c’est bien le nom de Holland qui convient.

    Écrit en prose, il se lit en deux minutes environ. Il est souvent placé au recueillement, après l’éloge funèbre. Sa forme simple supporte mal l’emphase : une voix posée, presque de conversation, lui va mieux qu’une déclamation.

  2. À préparer avant la cérémonie

    Imprimer le texte en gros caractères sur une seule feuille, et en confier un double à une autre personne. · Désigner une personne pour lire, et une seconde qui prendra le relais si la voix se dérobe. · Prévenir l’opérateur funéraire du moment choisi, pour que le micro et le silence soient prêts à cet instant. · Les poèmes d’un auteur mort depuis plus de soixante-dix ans se lisent et s’impriment librement dans un livret de cérémonie. · Notre studio peut aussi préparer un Film Photo avec les photos de sa vie, projeté avant ou après la lecture.

Questions fréquentes

Qui peut lire le poème pendant la cérémonie ?

Toute personne présente peut lire : un membre de la famille, un ami, un collègue, un voisin. Le maître de cérémonie lit aussi volontiers le texte à la place de la famille, si la voix risque de manquer. Le choix se dit la veille, pas le matin même. Une seule règle pratique : la personne qui lit doit avoir le texte sous les yeux, imprimé, et non sur un écran de téléphone.

Un poème encore protégé par le droit d’auteur peut-il être lu ?

Un texte dont l’auteur est mort depuis moins de soixante-dix ans reste protégé. Le lire à voix haute devant l’assemblée est une chose, le reproduire dans un livret imprimé en est une autre : cette reproduction relève du droit d’auteur, et l’autorisation se demande à l’éditeur. En cas de doute, le livret peut citer le titre, le nom de l’auteur et quelques vers seulement.

Combien de textes lire au cours d’une même cérémonie ?

Deux ou trois suffisent, répartis à des moments différents : un à l’entrée, un au recueillement, un avant la sortie. Au-delà, les textes se recouvrent et l’assemblée ne les distingue plus. Si plusieurs personnes souhaitent lire, mieux vaut donner un texte court à chacune qu’un texte long à une seule. L’ordre se fixe avec l’opérateur funéraire, qui l’inscrit dans le déroulé.

Article rédigé par Édouard D., fondateur et directeur de création du Studio AdLumina.