L'essentiel
- Choisir un texte qui se lit en deux à trois minutes, pour qu’il tienne dans le déroulé.
- Désigner aujourd’hui la personne qui lira, et lui remettre le texte imprimé en gros caractères.
- Relire le poème une fois à voix haute, debout, pour repérer où respirer.
Le bon poème n’est pas le plus beau, c’est celui qui ressemble à la personne disparue. Partir de ce qu’elle lisait, d’une phrase qu’elle répétait, d’un paysage ou d’une saison qui lui allaient. Vingt à trente vers suffisent : au-delà, l’attention de l’assemblée se disperse. Les cinq textes qui suivent appartiennent au domaine public. Certaines familles en retiennent un seul, d’autres en placent deux à deux moments différents.
Étape par étape
« L’Isolement », Alphonse de Lamartine
Ce poème ouvre les Méditations poétiques, publiées en 1820. Premier vers : « Souvent sur la montagne, à l’ombre du vieux chêne, ».
Le texte entier est long : les quatre ou cinq premières strophes suffisent, soit environ deux minutes. Il convient à l’entrée, ou au tout début du recueillement, pendant que l’assemblée s’installe. À la lecture, marquer un temps à chaque fin de strophe et garder un débit lent. Les alexandrins portent d’eux-mêmes et n’ont pas besoin d’être appuyés.
« Demain, dès l’aube… », Victor Hugo
Tiré des Contemplations (1856), ce texte de trois quatrains se lit en une minute environ. Premier vers : « Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, ».
Il trouve sa place au moment du recueillement, ou juste avant le dernier adieu. C’est un poème de marche et de silence : une voix douce lui va mieux qu’une voix forte. La dernière strophe se suffit, elle ne demande aucun effet. La personne qui lit peut rester près du cercueil plutôt que derrière un pupitre.
« Les Roses de Saadi », Marceline Desbordes-Valmore
Publié dans les Poésies inédites (1860), ce texte de trois tercets se lit en moins d’une minute. Premier vers : « J’ai voulu ce matin te rapporter des roses ; ».
Il parle de fleurs emportées par le vent, une image concrète et douce. Il accompagne bien le dépôt des fleurs, ou l’instant où l’assemblée défile devant le cercueil. Très court, il demande une lecture lente, en détachant chaque tercet. Lu trop vite, il passe avant que l’assemblée l’ait entendu.
« Le Pont Mirabeau », Guillaume Apollinaire
Publié dans Alcools (1913). Premier vers : « Sous le pont Mirabeau coule la Seine ». Le refrain revient quatre fois et la lecture dure environ une minute et demie.
Ce texte convient pendant les images, ou au moment de la sortie, son rythme régulier accompagnant les pas. Il peut précéder ou suivre la musique choisie pour la sortie. Le poème n’a pas de ponctuation : marquer une pause à la fin de chaque vers, et reprendre le refrain sur le même ton.